Rapport moral 2007
Rapport Moral Assemblée générale du 28 juin 2007
Chers Amis,
Je viens au nom du Conseil d’Administration vous rendre compte, de l’état de l’association depuis la dernière assemblée générale. Cet exercice, le premier du genre pour moi (ayant repris la présidence en avril 2007 jusqu’à l’AG, suite au départ de Bernadette Guérin) obéit à plusieurs préoccupations :
décrire les actions et les réalisations menées par Roms action depuis un an, remercier l’ensemble des acteurs qui les ont rendues possibles.
Je souhaite que les sujets abordés génèrent des débats pour alimenter notre réflexion sur des thèmes dont certains sont complexes ou délicats.
L’année 2006 a été une année de changement au sein de l’association avec la création, en mai 2006, d’un poste de salarié (en CAE) en tant que responsable de projet qu’assume Sabina Moser. Le changement de présidence ; Sabina prenant le statut de salarié, Bernadette Guérin a accepté le poste de présidente.
La méconnaissance de ce public fait que le fossé se creuse de plus en plus entre la misère réelle dans laquelle ce public vit et le mode de vie dans une société de consommation comme aujourd’hui. Le projet associatif de Roms Action cible un public en situation de survie et présent sur l’agglomération grenobloise depuis plusieurs années : des roumains d’ethnie rom (des roms d’origine roumaine), chassée de chez eux par les discriminations multiples : à l’emploi, à la formation, à la scolarisation, au logement et à l’accès aux soins.
Nos actions ont donc été développées autour de 3 axes :faire connaître nos usagers, lutter contre les discriminations, faire l’interface entre les usagers et les acteurs associatifs et institutionnels ainsi qu’auprès de la population en général.
A - Nos interventions auprès des Roms, dans le cadre des politiques sociales :
1/ « Accompagner » les roms pour répondre aux demandes concernant notamment : l’accès aux soins des accompagnements rapprochés concernant notamment des grossesses, des accouchements ainsi que des vaccinations pour des enfants. La mise en relation des personnes avec des structures de soins déjà existantes –CDAG, la PASS, MDM, le CHU.
-la protection de l’enfance et l’accès aux droits.
Nous avons continué à développer l’information sur les droits de l’enfant, mais aussi des devoirs des parents. Nous constatons une diminution casi totale des enfants sur les lieux de mendicité depuis notre action sur le terrain. En revanche, ils ont été dirigés et accompagnés vers la scolarisation ou vers des lieux de parentalité.
-l’amélioration de l’habitat.
Nous avons poursuivi notre travail de maillage et de coordination inter-associatif. La réflexion initiale sur une éventuelle possibilité d’accueil dans un squat légalisé a été poursuivie. Des échanges avec des associations comme « une famille un toit » de Nantes ou la Fondation Abbé Pierre et d’autres, nous ont permis d’affiner notre approche et d’aller vers une proposition de création « de terrain d’accueil » plus en concordance avec nos objectifs et avec le désir du public.
2/ « Soutenir » les projets de vie dans le pays d’origine : Pour 2006, nous avons surtout travaillé avec les personnes porteuses potentielles d’un projet structuré. Il s’agit de projets économiques et familiaux. Par conséquent, des contacts ont été établis avec une structure internationale de micro crédit qui a des filiales en Roumanie. Des contacts ont également été pris avec ces dites structures en Roumanie. Le projet de Briqueterie pourra avancé une fois les contacts roumains rencontrés.
La prochaine étape sera donc la prise de contact direct en Roumanie qui se fera en 2007
B - L’intervention en direction des acteurs et des citoyens
- lutter contre les discriminations :Notre implication auprès des collectivité locales ou des représentants de l’Etat pour désamorcer des tensions dues à l’occupation de terrains communaux ou à des comportements non « conformes » n’a pas été suivi d’effet dans tous les cas. Notre rôle de médiateur n’a pas toujours été pris en compte. Les pouvoirs publics ont préféré recourir à la force et par la même accentuer le sentiment de rejet de cette population et ainsi provoquer à nouveau le déplacement du groupe sur un autre territoire. Parfois, les départs ont pu être négocié et les coups de force évités. Mais le problème n’a pas pour autant été résolu ou pris en compte dans sa globalité. Fin 2006, excédé par une « expulsion musclée », nous avons établi un communiqué de presse avec le soutien d’autres associations pour que cesse ses expulsions bafouant les droits de l’homme. Nous avons participé à la semaine de la Solidarité Internationale afin de présenter au travers d’une exposition photos, les Roms.
Constats :
Malgré nos efforts importants cette année (nombreuses interventions auprès des citoyens notamment), on constate toujours une connaissance insuffisante de ce public créant une réaction de répulsion. La notion de vie en groupe n’est pas intégré dans notre société. Ors pour ces personnes cette notion est primordial car elle offre entre autre une protection (force morale). Dans la réalisation de nos objectifs, nous avons besoin d’un local, nous permettant d’améliorer notre approche du public et de structurer de façon plus pertinente l’équipe de bénévoles au côté de la salariée Le terrain d’accueil va dans le même sens de structuration mais cette fois autour des Roms ; pouvoir effectuer un travail en amont pour mettre en place des projets de vie en Roumanie.
Perspectives :
Pour 2007, notre projet associatif prévoit de continuer le travail au long terme avec ce public. Cela se traduit par une approche globale des problématiques « ici »et la réalisation de projet de vie « là-bas ». Il faut toutefois prendre en compte un phénomène nouveau qui est l’entrée de la Roumanie au premier janvier 2007 dans l’Espace économique européen. Le développement croissant des accompagnements et le manque de temps pour travailler sur la réalisation des projets de vie là –bas.
Plusieurs grands projets nous attendent :
- l’ouverture d’un local associatif permettant l’accueil des bénévoles et du public,
- les déplacements en Roumanie pour la prise de contact avec les structures connues en vue de la mise en place des projets de vie.
- continuer la réflexion sur la création d’un terrain d’accueil en s’inspirant des modèles offerts par d’autres villes, mais adapté à nos objectifs qui sont ceux issus de notre contact avec ce public : permettre un retour au pays avec l’élaboration d’un projet de vie pouvant nourrir sa famille. Offrir des conditions de vie décente à une vingtaine de famille, et donner la possibilité de mise en place d’un travail personnalisé.
J’ai essayé dans cet exercice de rendre compte du formidable travail accompli au quotidien par Sabina et les bénévoles. Ceux sont chacun de vous qui rendaient possible Roms Action. Que tous soient remerciés sans oublier les membres du CA (passé et présent) qui ont donné de leurs temps pour faire évoluer cette aventure….
D’autres défis nous attendent pour 2007, et je crois que c’est collectivement que nous arriverons à les résoudre.
F. Rouquet - Présidente