Assemblée générale du 30 juin 2008

Chers amis,

Les actions ont continué à se développer auprès d'un public de plus en plus présents depuis l'entrée en janvier 2007 de la Roumanie dans la CEE. Il ne s'agit désormais plus de couples à accompagner mais de familles avec leur enfants de tout âge. Dans le contexte politique actuel d'incitation au retour, notre travail n'a pas été facilité. Il a fallu faire face, de différentes façons, à des expulsions répétées. Il a toujours été clair dans les objectifs de l'association que l'accompagnement local n'était pas une fin en soi et qu'il fallait développer un accompagnement spécifique pour une vie meilleure en Roumanie. Cela correspond au souhait de 95% des familles rencontrées. Cette partie là a donc été un élément central de l'association en 2007, en sachant bien que les deux objectifs sont imbriqués l'un dans l'autre et permettent une structuration des actions :

- Accompagner les roms dans les démarches d'ordre administratives (scolarisation, insertion professionnelle, accès aux soins), travailler sur des projets de vie ici pour certains mais surtout là-bas en Roumanie.

- Continuer à sensibiliser les pouvoirs politiques et les partenaires sur les conditions de vie intolérables d'européens que sont maintenant les roms.

- Développer des projets et les mettre en pratique pour les personnes souhaitant rentrer vivre en Roumanie.

Je commencerai par un état de l’activité de l’association localement, puis en Roumanie, en développant la spécificité de nos différents partenaires qui nous soutiennent et nous accompagnent dans cette grande aventure.

Mais tout d’abord je commencerai par saluer le travail qu’effectue Sabina et les 6 (parfois 9) bénévoles de terrain, avec cette année le soutien d'Adèle en tant que stagiaire durant 7 mois (dans le cadre d’une licence professionnelle : Intervention Sociale – Coordinateurs des projets territoriaux).

L'année 2007

1/ Accompagner les roms localement

Il faut tout d'abord savoir que nous parlons dans la plupart des situations d'entité familiale et non de situation individuelle. L'accompagnement diffère aussi si l'on travaille avec des familles vivant dans une structure d'hébergement ou si il s'agit, comme pour la plupart, d'habitations de fortunes faites de planches, de bâches ou dans le meilleur des cas d'une vraie tente. Six terrains de campement ont été recensés sur Grenoble et l'agglomération. L'implication de l'association ne s’est pas faite de façon égalitaire sur tous les camps. Certains en France depuis de nombreuses années ne sollicitent pas l'aide de Roms Action. Parfois aussi, la présence de leaders sur certains terrains a rendu l'intervention de Roms Action quasi impossible. L'association a identifié 67 personnes sur les terrains et 54 en hébergement d'urgence ou temporaire. Deux familles, dont leur désir est de s'installer en France, ont été acceptées en hébergement à plus long terme. Pour l'association ce problème de « Toit » devient problématique compte tenu de la conjoncture actuelle et de l'arrivée de familles avec enfants. Une fois la période hivernale terminée, les familles se retrouvent sans solution pérenne et certaines retournent sur les campements. Les familles ayant pu réfléchir avec l'aide de l'association à un projet de retour peuvent voir leur hébergement prolongé aux prix de nombreuses négociations avec les structures hébergentes (Ville de Grenoble ou Conseil Général).
La politique actuelle d'expulsion systématique ne permet pas de fonctionner dans le long terme avec certaines familles, ce qui « bloque » le travail de construction et de structuration du projet familial. Un des points forts dans l'accompagnement est la santé des jeunes femmes, notamment les suivis de grossesse. Nous avons la chance de pouvoir travailler avec le service gynécologique et maternité de l'hôpital. Ils se sont préparés à l'accueil de ces femmes en tenant compte de leur propre culture.
Du fait de l'arrivée des enfants, l'accompagnement à la scolarisation a demandé du temps à l'équipe de terrain car toutes les communes où vivent les roms ne facilitent pas leur intégration. On a pu constater chez les enfants scolarisés un épanouissement et une envie d'apprendre extraordinaire. Dans certaines familles où les parents n'ont pas été scolarisés, les enfants réclamaient l'école et ont fait comprendre par là même la nécessité d'y aller tous les jours. L'insertion professionnelle a été un autre point fort de cette année avec la participation des membres de la SNC. Tout un travail de prospection autour des métiers auxquels les roms peuvent prétendre a été effectué. L'un d'eux a pu trouver un emploi. Mais les blocages administratifs quand à l'obtention du titre de travail restent une barrière considérable.
Les accompagnements sont une part considérable du travail de la salariée et des bénévoles qui ont pu être secondés cette année par Adèle dans le cadre de son stage.
La nécessité de travailler d'avantage sur les projets de vie en Roumanie demande à dégager du temps difficilement concevable à l'heure actuelle par manque de moyen humain.

Des évolutions pour l'accueil des roms grâce aux partenaires :

Avec le soutien du Secours Catholique, nous avons pu offrir un espace d'accueil pour les roms (rue Lavalette), une fois par semaine, à défaut de ne pouvoir disposer de locaux propre pour l'association. Compte tenu du peu de bénévoles à Roms action, le soutien de l'équipe du Secours catholique est un atout complémentaire pour l'accueil des familles.
Nous avons pu utiliser un bureau, 3 fois par semaine au Centre social du vieux temple, ce qui a facilité les rencontres d'équipe et de bureau. Mais l'accueil du public dans ce lieu n'était pas possible. Ce manque de local fait cruellement défaut à l'association. Il reste un des points à traiter dans les projets 2008.

2/ La sensibilisation des pouvoirs publics et des partenaires sur les conditions de vie intolérables des roms

Comme j'en parlais en introduction, cette année nous avons du faire face à un mouvement d'expulsion des terrains qui nous a amené à interpeller les députés-maires sur la place faite aux roms localement, et sur les manières « inhumaines » utilisées dans le cadre de certaines expulsions. La cause des roms est loin d'être entendue. Nous avons pu toutefois engager un travail de partenariat avec la ville de Saint Martin d'Hères sur un des terrains, et pu ainsi réaliser des toilettes sèches avec l'aide de Toilettes du monde.
Une rencontre inter associative avec la participation des institutions rencontrant des roms a établi la nécessité pour roms action de continuer à travailler en partenariat tout en essayant de « former » les autres structures à l'accueil de ce public. Mais ce travail n'a pu se poursuivre véritablement faute de temps des salariés.
Dans le cadre de l'accompagnement lié à l'hébergement des familles, le Conseil Général de l'Isère s'est engagé financièrement au côté de Roms action. Cela a abouti à la signature d'une convention sur 3 ans en 2008.
Il est aussi important pour l'association de faire connaître ses actions localement mais aussi sur le plan international, c'est pourquoi nous avons participé à différentes rencontres comme la semaine de la solidarité internationale entre autre.
Roms action a adhéré au collectif national Romeurope, car il est bien entendu que dans le cas de combat pour aider des minorités : plus le groupe de pression est important et plus la force de persuasion est grande!

3/ L'action de l'association en Roumanie

Dans le cadre du travail sur les projets de vie en Roumanie et la réalisation de ces projets nous avons signé une convention avec Habitat Cité (association parisienne qui travaille à la réhabilitation des « habitats indignes »et « insalubres » à l'étranger). Habitat cité, a pris en charge la partie « bâti » du projet, quand à Roms action, elle agit plus sur le versant économique. C'est grâce à La fondation Abbé Pierre que nous avons rencontré Habitat cité. Nous avons donc effectué, en synergie avec eux, tout un travail de prospection pour d'éventuels partenariats roumains, comme la mairie de Cibiu et la Préfecture de Blaj. Les associations de soutien des roms implantées régionalement ont aussi été consultées afin de pouvoir accompagner les familles suivant les projets de vie. La mise en place de deux projets a débuté en 2007, tout d'abord la réhabilitation d'une maison familiale (rachat des parts de propriété, agrandissement de la maison..). Il s'agit là d'une famille que connaissait Habitat cité en région parisienne. Le deuxième projet concerne une famille qui a vécu à Grenoble et dont le Monsieur souhaitait monter son entreprise de bâtiment en Roumanie. Six autres projets doivent être débutés en 2008. Nous avons salarié, mutuellement avec Habitat cité, une chargée de mission afin de pouvoir suivre régulièrement les projets localement. Roms action a effectué deux missions en 2007.

4/ Travail interne de structuration de l'association

Face au départ imprévu du trésorier et à la multiplication des projets (donc des sources de financements), nous nous sommes rendu-compte de la nécessité de confier la comptabilité de l'association a un organisme adapté. Nous nous sommes tournés vers l'UDMI qui a accepté de reprendre la comptabilité de l'association.
Devant la multiplicité des missions de la salariée, une nouvelle rédaction de la fiche de poste a été établie et validée par le CA.
La création d’une cellule communication avec la mise en place d’un site internet qui vient juste d’être finalisé faute de temps. La sortie d’un bulletin d’information Roms Action en janvier 2007.
Nous avons aussi effectué une demande de DLA ( dispositif local d'accompagnement) afin d'agir en vue du développement de l'activité et d’établir des bases de fonctionnement plus pertinentes au niveau du CA et de la salariée. Mais celui-ci ne nous a pas été accordé car nous ne répondions pas à tous les critères de sélection.

Les perspectives 2008

Il m'est difficile pour moi d'établir une chronologie dans les actions à venir. Mais il me semble que la poursuite du travail d'accompagnement dans les projets de vie en Roumanie est la clé de soutien à toutes ses familles. Dans ce contexte, l'ouverture vers des financements européens pour 2008, nécessitera l'embauche de salarié.
Il faut continuer à développer le partenariat local sur Grenoble et l'agglomération notamment au niveau des politiques mais aussi des associations pour « faire changer les mentalités ».
La recherche d'un terrain d'accueil, doit-être envisagée de façon collégiale avec d'autres structures portant ce même projet afin d'avoir un impact plus large sur les décideurs.
Il reste encore et toujours la nécessité pour roms action de trouver un « toit »!
Les roms sont, à présent, des européens ; à nous de les aider à trouver leur place.

La Présidente F.Rouquet